Vérité mensongère.

Vérité mensongère.
*

Un
soupir imprime l'air dun léger frémissement.
Tellement lassée et délaissée...
Un ult
ime baillement s'amortit sur mes lèvres. Pourtant, le sommeil ne parvient à m'étreindre.
C'est qu'il se fait désirer, ce sommeil.

*Bribes de souvenirs. *

Son
sourire brisé. Décoloré. Les commissures de ses lèvres, qui arboraient cette constante contraction ironique. Ses mots inoubliables, inoubliés. Un ton dont le détachement excessif était évidemment forcé. Son regard insondable.

Je sava
is ce qui se cachait de fragili sous cette feinte fierté. Je détestais d'ailleurs ses traits de caractère, précisément parce que j'aimais la personne qu'il était. Qu'aurais-je du lui répondre ? Aurais-je du lui révéler le présent effarant, l'épouvantable réalité, si lourds de signification, mais désespérement importants justement à cause de ce qui les rendait effrayants ? J'exagère, évidemment. Le tragique n'est pas si tragique, et là, se dérive en ridicule. Ou aurais-je du juste lui di re que oui, je reviendrai l'année prochaine, juste pour le voir une dernière fois avant qu'il s'en aille pour de bon, que oui, je garderai contact avec lui, que la techonologie de nos jours existait bel et bien, que ca sera exactement comme avant?

Lui mentir du
début jusqu'à la fin ? Certes.
Lui dire que j'irai très bien sans lui. Lui, mon cousin, mon frère, et même plus encore.


Je voyage dans
le temps. * Et l'infini flotte dans l'air. *



Photo : reprise de l'affiche d'Eternal Sunshine.

# Posté le samedi 01 septembre 2007 19:46

Modifié le dimanche 27 janvier 2008 06:18

I close my mind, do not open it.

I close my mind, do not open it.
*

Les so
uvenirs étaient encore trop vifs, trop violents.

*Troubles obssessionels compulsifs.*

J'ai passé des journées entières à marcher de long en large chez moi, comme une ame en détresse. A trainer des pieds comme une imbécile, à rester dans mon lit les yeux ouverts. A repenser aux dernières images, aux tous derniers moments. A ces adieux maquillés en sourires, pourtant baignés par les larmes. A rechercher cette solitude, à me faire mal volontairement.
J'av
ais l'impression que mon corps devenait parfois extérieur à moi, sans qu'aucun élan ne soulève mon coeur. Comme une fille esseulée, détruite et poursuivie par la peur.
Le
léphone et le net en panne. Une bonne excuse pour se couper du monde. C'est que je redoutais la question "qu'as tu fait la bas?". Plus encore, c'est la réponse que j'appréhendais.N'avoir envie d'en parler à personne, ne savoir que répondre, ne jamais dévoiler ces moments si intimes, si chers à mes yeux. Les garder pour moi, comme si les fusionner en mots ne feraient que les bafouer, les user. Ne faire auncun effort, absoluement aucun pour entretenir mes relations sociales, entre autres..

Le
seul et unique rémède : sortir, voir du monde, voir Le Monde.
Ne plus y
penser, ne plus me souvenir.
Je m'en sors.

Je
sors doucement mais surement de ma bulle, en jetant un regard si empreint de dégout à tout ce qui touche à l'hypocrisie et la prétention, choses que je retrouve désagréablement après deux mois.

*Je ne
revis pas, je survis.*


Merci à mes amis, qui, sans le savoir, me font un bien fou. A mes cousines aussi, évidemment .

Photo prise à la volée, sous la Coupole des Galeries.

# Posté le jeudi 30 août 2007 16:35

Modifié le jeudi 30 août 2007 17:33

Derniere danse.

Derniere danse.



. J'ai trop b
esoin d'errer sans but avant l'ultime reverence, sans mur pour me retenir, sans humain pour me faire obstacle. J'ai trop besoin de sentir le vent giffler mon visage. J'ai trop besoin de sentir l'engin vibrer sous moi, trop besoin de sentir la vitesse m'ennivrer et le vertige m'envahir. Trop besoin de me donner en spectacle une derniere fois, de sentir ses mains sur mes hanches, d'entendre le porte-cle se fracasser contre la carroserie. Besoin de faire face a ce soleil juste la, devant moi, ce soleil qui se couche deja, et accelerer, accelerer, inconsciemment, rageusement. Besoin d'hurler a vive voix. Besoin de garder en moi ce qui peut subsister d'espoir et de joie.

*J'ai trop besoin de vivre.*

La machine
perd de la vitesse, j'appuie fermement sur le pedale de frein, et me traine a l'interieur de la pagode. Mes pieds nus foule le carrelage froid, mes genoux tombent a terre, ma poitrine effleure le sol. Dans ce silence religieux, que seul vient briser le gong, je prie tous les dieux bouddhistes qui pourraient exister, c'est-a-dire une bonne vingtaine, et je prie, et je prie les mains jointes. Et je me surprends a prier mille choses aussi incensees les unes que les autres. Svp, faites que l'aeroport soit ferme ce jour la, faites qu'il y ait des embouteillages dans les rues, faites, faites, faites, oui, faite mille choses derisoires juste pour moi. Et derriere mes paupieres closes, il est toujours et quand meme la, ce vieux monsieur juche sur son nuage blanc, vêtu de sa tunique blanche cent pour cent coton, et il me regarde d'un air courroucé, et il me montre du doigt fatalement. Je delire completement, mes membres semblent s'ankyloser, et je titube, et mon cousin qui m'attend, fuit mon regard, et me lance d'une voix qui veut tout dire " il vaut mieux que je conduise". Et je lui passe les cles, je me serre contre lui comme je n'ai jamais serrer personne de toute ma vie.


A trop
vouloir rester ici, je deviens completement tarée.
La France me tend les bras.

# Posté le lundi 13 août 2007 22:51

Modifié le dimanche 26 août 2007 15:13

Weather.

Weather.


*


. Il est deja neuf heures, plus que temps d'ouvrir portes et fenetres pour capturer ce qui pouvait subsister de l'air de la nuit, rendu legerement plus frais par la seule grace de l'obscurite. Il restait a la poussiere juste assez d'energie pour se soulever et se deposer quelques metres plus loin sur les massifs de fleurs. Le soleil semble chauffer a blanc, comme si les ombres, les demi-teintes et les moindres velleites de nuances lumineuses avaient ete consumees par son coeur incandescent.



Je m'arrete la.
A vrai dire, ce n'est pas tout a fait ca.
C'est plutot l'exact contraire.



. Il est deja neuf heures et les gouttes de pluie se fracassent par milliers sur les toles des maison, comme aiguillonees par la violence. Les ondes de l'eau se rident en de milliers d'ondulations qui se progagent puis se brisent. Un furtif flash blanc et le ciel se met a se devergonder avec une violence qui force l'admiration. Mes jambes accelerent le rythme, epousant presque celui de mon cousin. Il se retourne, le visage ruisselant et me lance un sourire moqueur et desabuse. Je lui rends son sourire lorsqu'un bruit assourdissant nous rapppelle qu'il nous reste encore une bonne distance a parcourir. Ma vue se trouble, mes yeux ne parviennent qu'a percevoir mes jambes et mes bras nus. Mes habits se plaquent sur mon corps, revelant toutes mes courbes et mes rondeurs. L'eau me glace la peau, je frissone de plaisir, sentant les gouttes rouler le long de mon dos.
Un bien etre interieur indescriptible s`empare de moi. Juste l'impression de flotter.
Jusqu'au moment ou je decouvre le visage crispe d'inquietude de ma grand-mere.
Mon cousin et moi nous echangeons un regard, ronges par la culpabilite. Je me mords les levres.


Et la, j'ai vraiment l'impression de me noyer pour de bon.



*

# Posté le vendredi 20 juillet 2007 00:01

Modifié le vendredi 20 juillet 2007 00:37

O Vietnam, quel effet tu me fais.

O Vietnam, quel effet tu me fais.


On ne peut s'echapper a soi meme.
Moi compris.
Surtout pas ici.
Surtout pas maintenant.


Surtout pas depuis que des fines particules de poussieres decollent de mes pieds nus.
Surtout pas depuis que seuls des velos et des motosparcourent mes rues.
Surtout pas depuis que j`entrenprends avec dexterite de tuer ces moustiques qui s`abreuvent sans menagement de mon sang.
Surtout pas depuis que cette odeur familiere de bruler melee a la douceur des senteurs parfumees me fait chavirer.
Surtout pas depuis que la pluie me noie, moi, mon velo, et cette part de mon ego perclue de doutes.
Surtout pas depuis que mon chapeau de paille cessent ces regards insistants non depourvus de sens.
Surtout pas depuis que ma vie n`est qu`errance et detachement
Surtout pas depuis que ma langue se delie et s`efforce a parler correctement.
Depuis que mes levres s`epuisent a s`etirer continuellement.
Depuis que mes souvenirs nebuleux sont sousmis a mon implacable lucidite.
Depuis que j`ai revu les visages dont je me languis continuellement depuis trois ans.
Depuis que je vois ma mere revivre et rajeunir, comme si son sang setait fige durant ces annees.
Depuis que ces images effacent cette realite par les medias transcendee .

Depuis que je me sens moi *. Que je * redeviens * moi.
Depuis trois semaines.

Non, on ne peut s'echapper a soi-meme.
Je ne m'echappe pas (plus?) a moi meme.
Je m'echappe tout court.
Et ce n`est pas si mal, apres tout.


Image : des morceaux d'un billet vietnamien par Prismes.

Skyrock a vraiment une drole de tete d'ici. Une tres drole de tete.

# Posté le mercredi 11 juillet 2007 09:59

Modifié le vendredi 20 juillet 2007 07:24