Un soupir imprime l'air dun léger frémissement.
Tellement lassée et délaissée...
Un ultime baillement s'amortit sur mes lèvres. Pourtant, le sommeil ne parvient à m'étreindre.
C'est qu'il se fait désirer, ce sommeil.
*Bribes de souvenirs. *
Son sourire brisé. Décoloré. Les commissures de ses lèvres, qui arboraient cette constante contraction ironique. Ses mots inoubliables, inoubliés. Un ton dont le détachement excessif était évidemment forcé. Son regard insondable.
Je savais ce qui se cachait de fragilité sous cette feinte fierté. Je détestais d'ailleurs ses traits de caractère, précisément parce que j'aimais la personne qu'il était. Qu'aurais-je du lui répondre ? Aurais-je du lui révéler le présent effarant, l'épouvantable réalité, si lourds de signification, mais désespérement importants justement à cause de ce qui les rendait effrayants ? J'exagère, évidemment. Le tragique n'est pas si tragique, et là, se dérive en ridicule. Ou aurais-je du juste lui di re que oui, je reviendrai l'année prochaine, juste pour le voir une dernière fois avant qu'il s'en aille pour de bon, que oui, je garderai contact avec lui, que la techonologie de nos jours existait bel et bien, que ca sera exactement comme avant?
Lui mentir du début jusqu'à la fin ? Certes.
Lui dire que j'irai très bien sans lui. Lui, mon cousin, mon frère, et même plus encore.
Je voyage dans le temps. * Et l'infini flotte dans l'air. *

