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J'ai encore du mal à poser mes mots, à faire une mise au point, un juste bilan, une auto-analyse exacte sur ce qui m'arrive. Mes premiers mots seront pour ces quelques noms rayés, d'autres partiellement effacés, d'autres encore fraîchement écrits, à durée indéterminée, & enfin, & surtout, à ceux ancrés immuablement en moi.
Mes pulsions destructrices, mes sentiments malsains, mon opiniatreté sans entendement, ma rancune inepte et mon attitude bornée m'ont trop longtemp bouffée. C'est une prise de conscience subite, une révolution de la pensée, ce changement inaltérable qui inssouffle sur mon être entier un bouleversement sans précédent, et qui en enchaine une autre. Une métamorphose crucial de la pensée, sentimentale à la fois. J'ai juste ... fait le clair en moi.
La maturité semble m'atteindre progressivement, je ne veux plus me réduire à celle que j'étais, et que je demeure encore sans doute, qui ne voit pas plus loin que son propre nombril, qui se prend pour une dingue pour une et mille chose abominablement futiles, qui ne pense juste qu'à contenter son égo démesuré.
C'est la fin de cette époque, où j'aimais tout le monde, où le mal être me dilapidait doucement,avec l'impression d'être incapable et insignifiante, moi, la mal-aimée, où la honte me bâfrait indirectement, où mes questions réthoriques, demeurant tragiquement sans réponse, me mordaient ponctuellement, de ces plaies irréversibles et incommensurables.
Mes préjugés et mes conjectures radicales sur les gens m'ont trop souvent jugulée, et je ne veux plus, de cette existence étriquée, nourrie par le regard des autres, dont je me contentais imperceptiblement.
Cette année est l'apogée de mon adolescence, l'apothéose de mon existence.Mes fréquentations ne sont plus les mêmes, je ne me lève et ne me couche plus aux mêmes heures, bouleversant le temps,je me remets au travail, au dessin, à la lecture, à la guitare, et surtout j'écris, en me rendant compte que mon écriture s'affine de jour en jour, je ne vais plus aux mêmes endroits, je ne recherche plus les mêmes buts, ni les mêmes valeurs, je fais ce que je veux, ce dont j'ai envie, quand je veux, où je veux, sans aucun précept, sans justification, légitimation, ou motifs présemptoires, ni moralité, quitte a me faire passer pour une obscène, une abrutie,une débauchée, une conne, une gamine, une dépravée, j'aime les gens & je le déclame & Les gens savent ce que je vaux, ce que je suis capable de faire, tout bonnement, ils m'aiment telle que je suis, point.
De l'encre coule sous les ponts.




