Souriez, vous êtes jugés.

Souriez, vous êtes jugés.


*

J'ai encore du mal à poser mes mots, à faire une mise au point, un juste bilan, une auto-analyse exacte sur ce qui m'arrive. Mes premiers mots seront pour ces quelques noms rayés, d'autres partiellement effacés, d'autres encore fraîchement écrits, à durée indéterminée, & enfin, & surtout, à ceux ancrés immuablement en moi.

Mes pulsions destructrices, mes sentiments malsains, mon opiniatreté sans entendement, ma rancune inepte et mon attitude bornée m'ont trop longtemp bouffée. C'est une prise de conscience subite, une révolution de la pensée, ce changement inaltérable qui inssouffle sur mon être entier un bouleversement sans précédent, et qui en enchaine une autre. Une métamorphose crucial de la pensée, sentimentale à la fois. J'ai juste ... fait le clair en moi.

La maturité semble m'atteindre progressivement, je ne veux plus me réduire à celle que j'étais, et que je demeure encore sans doute, qui ne voit pas plus loin que son propre nombril, qui se prend pour une dingue pour une et mille chose abominablement futiles, qui ne pense juste qu'à contenter son égo démesuré.
C'est la fin de cette époque, où j'aimais tout le monde, où le mal être me dilapidait doucement,avec l'impression d'être incapable et insignifiante, moi, la mal-aimée, où la honte me bâfrait indirectement, où mes questions réthoriques, demeurant tragiquement sans réponse, me mordaient ponctuellement, de ces plaies irréversibles et incommensurables.
Mes préjugés et mes conjectures radicales sur les gens m'ont trop souvent jugulée, et je ne veux plus, de cette existence étriquée, nourrie par le regard des autres, dont je me contentais imperceptiblement.

Cette année est l'apogée de mon adolescence, l'apothéose de mon existence.Mes fréquentations ne sont plus les mêmes, je ne me lève et ne me couche plus aux mêmes heures, bouleversant le temps,je me remets au travail, au dessin, à la lecture, à la guitare, et surtout j'écris, en me rendant compte que mon écriture s'affine de jour en jour, je ne vais plus aux mêmes endroits, je ne recherche plus les mêmes buts, ni les mêmes valeurs, je fais ce que je veux, ce dont j'ai envie, quand je veux, où je veux, sans aucun précept, sans justification, légitimation, ou motifs présemptoires, ni moralité, quitte a me faire passer pour une obscène, une abrutie,une débauchée, une conne, une gamine, une dépravée, j'aime les gens & je le déclame & Les gens savent ce que je vaux, ce que je suis capable de faire, tout bonnement, ils m'aiment telle que je suis, point.



De l'encre coule sous les ponts.

Photo : JordanRobin.

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# Posté le samedi 24 novembre 2007 15:50

Modifié le dimanche 25 novembre 2007 06:41

Sofia Coppola, Shakespeare, Molière, et moi.

Sofia Coppola, Shakespeare, Molière, et moi.
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Sur l'écran
noir de mes nuits blanches, mes scénarios illusoires s'enclenchent.

*Silence, ça tourne
.*


Les mêmes
images, les mêmes mots, les mêmes visages. Une court métrage infernale, un film sans fin. Joué en boucle.

Comme
si tout ca avait de l'importance. Comme si la vie pouvait avoir de l'importance.
*
Quelle ineptie.*

Défilés de personnes. Elle, lui, eux, nous, on,vous, tu, je. Du monde, encore, et toujours. Une hiérarchie inévitable s'établit. La vedette, le rôle principale, les personnages secondaires, les figurants, et toute la technique derrière, la caméraman, le scripte, le metteur en scène, les maquilleuses et tout le touitouin qui s'ensuit. Des étiquettes, des statuts. Meilleur(e) ami(e), petit(e) ami(e), grand(e) ami(e). Qui impliquent à chaque personne son rôle à jouer, sa part à combler.

Le temps du tournage, vous apprenez à les connaitre plus ou moins vite. Les affinités vont bon train, des points communs se déterrent. Et ca continue, ca va toujours plus loin, encore et encore.

On peut pr
étendre à une amitié inaltérable, à un amour éternel, ca ne sera que pour accumuler sa salive pour cracher plus tard. Bien plus tard parfois, mais cracher quand même. On peut se permettre de pleurer à chaudes larmes pour des personnes et d'autres, de leur témoigner toute chose suceptible d'être témoignée , alors qu'au final, deux choses inexorables en résultent : l'indifférence voire l'oubli. Ils auront beau jouer infinement bien, leur rôle implanté dans chaque pore de leur peau,s'éccroulant sous les applaudissements, défaillant sous les cris et les sifflements. Et on pourra se dire "Mais je l'ai aimé durant deux ans, deux ans c'est énorme" ; mais deux ans de ta vie, c'est quoi au juste ? Rien. Tout est éphémère, la vie comme le reste.
Tout n'est que perte futile de temps.

Le
s personnes viennent, s'en vont, et tout ce qu'on dit, ce qu'on pense, ce qu'on pourrait dire ou penser, s'évapore, volontairement, ou non, par la force du temps.
Tout s'essouffle, rien n'a plus d'importance.

Jouez, jouez, faites de ma vie une sublime d'oeuvre d'art. Chamboulez le scénario, boulerversez les répliques, renversez les décors . Que le film soit une explosion de névrose, de folie et d'aliénation. Que les gens en chialent et en vomissent, qu'ils en sortent à jamais marqués.

Après tout, ce n'est qu'une mise en scène grotesque, où l'acteur a usé de sa dextérité le temps de quelques prises. Tout n'est que fiction et surréalisme.
Après tout, ce n'est qu'une vie.

Et ... action.

*

# Posté le samedi 17 novembre 2007 16:56

Modifié le dimanche 18 novembre 2007 07:12

Lost.

Lost.









S o y o n s

r é a l i s t e s,

E x i g e o n s

L' I m p o s s i b l e .







Ernesto Che Guevara.








Photo : Skeev.

# Posté le samedi 10 novembre 2007 17:02

& La Boucle est bouclée. Sans rancune ?

& La Boucle est bouclée. Sans rancune ?


*

C'était un ami. Mon ami. L'Ami, celui avec un grand A.

J'en parlerai une ultime fois. Juste pour en finir, une bonne fois pour toute.

Son amitié me suffisait amplement. Le reste m'importait, je n'avais besoin de rien de plus, ni de moins. On était là l'un pour l'autre, on le savait mutuellement. C'était juste comme ca, et pas autrement.

Et pourtant. Et pourtant.

Et pourtant on s'est plongé dans ce mutisme délirant. Pour de choses et d'autres, nos problèmes entre autres, on est juste rester là, à attester le fait, sans aucune explication. On ne cherchait pas à aller plus loin, parce que les choses étaient telles qu'elles étaient, point barre.

Et puis yavait ces rires innombrables, ces blagues frivoles, ce language presque codé qu'on avait réussi à créer et qui justement, me faisaient oublier. J'aimais me retourner en cours, juste pour croiser son regard. J'aimais l'attendre à la fin, juste pour débiter des débilités qui m'amusaient bien. Juste passer du temps avec lui. Des milliers de choses et d'autres, que j'appréciais, juste. Des habitudes que j'avais prises naturellement, presque insTinctivement.

Les choses commençaient pourtant à dériver. Je ne voyais pas ses défauts, du moins je fermais les yeux, disons. Cette façon insupportable de tout critiquer, toujours, inlassablement, de se plaindre à tout va, de se réfugier dans cet univers dont il était le centre, en permanence, de toujours s'imposer une barrièreinfranchissable avec les gens, de toujours tout tourner en dérision, de marcher sur le fameux "Du moment que je fais ce qui me plait, je me pose pas des questions".
On me les répétait, on me les soulignait maintes et maintes fois. Je ne voulais rien savoir, rien entendre, rien comprendre. Il est comme ça, je l'apprécie tel quel.

Lui non plus ne voulait rien comprendre, rien savoir, rien entendre. Je pouvais raconter ce que je voulais, il ne basait ses réactions que sur de stupides impressions. Tout relevait de la facilité. De la lâcheté, surtout.

Puis cette passe insupportable, puis cette impression de l'avoir retrouvé ensuite. Cet effet yoyo, parfois la certitude que tout redeviendra comme c'était, et d'autres moments, la perception que quelque chose avait changé au fond, que non, c'était juste impossible. Et ces sous-entendus, qu'il faisait passer pour de simples plaisanteries,auxquelles je n'osais croire. Vacillant entre la vérité et l'humour, ne sachant comment distinguer le vrai du faux. C'était devenu insupportable. Jusqu'au jour où les choses l'ont forcé à me dire ce qu'en fait j'avais deviné depuis bien longtemps, aussi invraisemblable que ca pouvait paraître.


Je l'ai revu récemment. Un étranger, un parfait inconnu. Il est resté le même, c'est mon regard, devenu si clair, si limpide qui s'est transcendé à juste titre. Je pensais le connaitre par coeur. Je pensais, mais je me suis trompée éperduemment sur toute la ligne. C'était une autre personne debout devant moi, que je découvrais là, sous mes yeux. Avec les même paroles, les mêmes gestes, la même voix, les mêmes expressions, les mêmes attitudes, les mêmes mimiques. Mais plus ce regard complice, ce sourire léger, cette désinvolture singulière.
Mais pas celle que j'appréciais profondément. Pas celle là. Autant pour moi.

Il était bien temps que je comprenne.

Ca me fait du mal de te voir dans cet état, tu sais, même si quand je te vois, avec tout ce que je sais, et même ce que je ne sais pas, j'ai juste envie de rire. Toi qui ris de tout, tu mcomprends pas vrai ? Mais là, c'est hautement risible, vraiment. C'est juste infiniement ridicule, royalement pathétique. Jamais je ne me réduirai à ce jeu lamtentable et puéril. J'espère encore mieux valoir que ca. Pour le coup, j'ai été franche dès le début, je crois. Et ca, jamais je n''en éprouverai de regrets. Mais je jouerai le jeu jusqu'au bout, tu as eu ma parole. Même si l'envie de me mêler de cette histoire qui n'est pas la mienne, mais qui à force, l'est devenue un peu, m'assaille de toute part, de toute manière, assez d'incidents imprévus te feront trébucher sans que personne n'intervienne. Et si je le faisais, ca serait purement histoire de satisfaire mon propre égo. Et pour personne d'autre.

On peut dire ce qu'on veut n'est-ce pas ? Et d'ailleurs on le fait.
On n'avait pas la même notion de l'amitié. Définitivement.


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# Posté le dimanche 04 novembre 2007 16:50

Modifié le vendredi 23 novembre 2007 14:19

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. Puis il y a ces soirs, où je perds toute notion du temps .

. Et ces journées, où j'en oublierai presque tout le reste .



Thx.

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 05:58